mercredi 31 mai 2017

REVIEW | Helalyn Flowers "White Me In / Black Me Out" English version




Helalyn Flowers - White Me In/Black Me Out (201)
Dark Gothic Electro

01. Before the Sunshine
02. Collide
03. White Me In, Black Me Out
04. Tribes of the Future
05. Alkaline Twins
06. Electric Night
07. Rid of Me
08. Shake
09. Utopia
10. High-Tech Medusa
11. Lost in Translation




We would sometimes like to recall that Italy has more jewels than LACUNA COIL. Yet many Italian metal or industrial groups are still struggling to make a name for themselves at an international level. This can be the case of HELALYN FLOWERS which, to the surprise of everyone, is not unknown to the dark electro scene colleagues though. Thanks to its collaborations with ANGELSPIT, ALIEN VAMPIRES or BLUTENGEL, the dark combo composed of Noemi Aurora (vocals) and Maxx (guitars) gradually made a name for itself among the others thanks to the winning combination of industrial gothic vibes and vocal mastery, worthy of a Shirley Manson or Cristina Scabbia. If we were to make a quick portrait of the band's debut, we would obviously not overlook their huge popularity on Myspace and Vampirefreaks after the release of the singles E-Race Generation and Voices that promoted the duo to the front of the dark scene and arouse all curiosity and even the interest of the greatest media like Orkus or Sonic Seducer. Alfa Matrix, the renowned label of AYRIA, UNTER NULL, FREAKANGEL or FRONT eventually welcomes them soon after and launches their album entitled A Voluntary Coincidence. Since then, the Italian enjoyed the opportunity to share the stage with artists like EMILIE AUTUMN, DAS ICH or even GOTHMINISTER. On May 17, 2013, Aurora and Maxx finally release the album White Me In/ Black Me Out, probably their best and darkest to date. And, that's probably why we can not neglect it ...



The dark electro tones of Before The Sunshine sound from the entrance. The combination of clear sounds and electric guitars announce the very synthpop tone of the dark and industrial atmosphere of guitars and vocals. Collide nevertheless darkens the album's genre while keeping a relatively high rhythm that recalls the creations of AYRIA without the tortured candy style. The third title, White Me In, Black Me Out, is the one that gives the name to the full album. We then should expect it to summarize the atmosphere of the whole album. More aerial, the track nevertheless remains very focused on this combination of gothic vocal quality as well on melodious industrial electro background. Ironically, we would even go so far as to say that the combo relies on surprising tones let's say dance pop sounds. Tribes of the Future, for its part, is a track that starts in an original way, inspired by cinematography and even apocalyptic scenery, and which sounds more industrial than the previous ones. The background melody would have made a wink to the most rock n' roll titles of Mister Manson. Nevertheless, Noemi Aurora's voices distance the title from what has already been done and honors the album with a quite interesting song, rich in power. Added to the whole, a handful of heavier guitars that add a more metal or hard rock aspect. Alkaline Twins starts with a more glam dark electro, in the manner of RED QUEEN. Smokier before applying a more toxic attitude, the tone is also quite sensual thanks to Aurora's more voracious vocal technique within each verse. Electric Night is the logical sequel. Interestingly, its dark electro comes to be in synergy with pop dance electro vintage sounds of the 80s. The bridge is different since it demonstrates more vampiric and futuristic colors. A winning combination. The rhythm of Rid of Me is more jerky, more irregular for a track that finally speeds in the middle, always in a very vintage way. HELALYN FLOWERS is definitely a singular band. Shake is a high-rhythmed song but still mysterious. THE CURE and GARBAGE would have loved it More than a title, it nevertheless sounds like a voice of the ground-floor, namely like an interlude. Anyway, Shake has everything needed to consist in a track in his own right. Very different from the rest of the album, only by its composition, Utopia is a funny mixture of phantasmagoric melody and lyricism that might recall WITHIN TEMPTATION. It is probably one of the finest tracks as well. With Hi-Tech Medusa, we have a more dark alternate dubbed futurepop track. Lost in Translation, which closes the album, might start with very rhythmic notes like DEPECHE MODE, yet remains very dark. Similar to the whole album, it transgresses the barriers of musical genres and experiences different stylistic categories. Yes, we can really say that HELALYN FLOWERS is curious!

Demona Lauren
For VerdamMnis Magazine

REVIEW | Helalyn Flowers "White Me In / Black Me Out" French version




Helalyn Flowers - White Me In/Black Me Out (201)
Dark Gothic Electro

01. Before the Sunshine
02. Collide
03. White Me In, Black Me Out
04. Tribes of the Future
05. Alkaline Twins
06. Electric Night
07. Rid of Me
08. Shake
09. Utopia
10. High-Tech Medusa
11. Lost in Translation




On aimerait, parfois, rappeler que l'Italie recèle de bien plus de joyaux que LACUNA COIL. Pourtant, bon nombre de groupes metal ou industriels italiens peinent encore à se faire un nom sur le plan international. Ce peut être le cas de HELALYN FLOWERS qui, à la grande surprise de tout le monde, n'est pourtant pas inconnu de la scène dark electro pour autant. Fort de ses collaborations avec ANGELSPIT, ALIEN VAMPIRES ou encore BLUTENGEL, le combo composé de Noemi Aurora (chant) et Maxx (guitares) a su progressivement se faire un nom parmi les collègues artistes de la dark music grace la combinaison gagnante de gothique industriel et maîtrise vocale digne d'une Shirley Manson ou Cristina Scabbia. Si on devait dresser un rapide portrait des débuts du groupe, on ne pourrait évidemment pas négliger leur grande popularité naissante sur Myspace et Vampirefreaks après la sortie des singles E-Race Generation et Voices qui propulsent le duo sur le devant de la scène dark et suscite la curiosité voire l'intérêt des plus grands médias comme Orkus ou Sonic Seducer. C'est finalement Alfa Matrix, label d'AYRIA, UNTER NULL, FREAKANGEL ou encore FRONT qui les accueille peu après et lance leur album intitulé A Voluntary Coincidence. Depuis le combo italien s'est offert l'opportunité de partager la scène avec des artistes comme EMILIE AUTUMN, DAS ICH voire GOTHMINISTER. Le 17 mai 2013, Aurora et Maxx sortent finalement l'album White Me In, Black Me Out, probablement leur meilleur et plus sombre à ce jour. Et, c'est probablement la raison pour laquelle on ne saurait le négliger …



Les sonorités dark electro de Before The Sunshine retentissent dès l'entrée. La combinaison de sonorités claires et guitares électriques annoncent le ton très synth pop de l'atmosphère sombre et industrielle des guitares et chants. Collide vient néanmoins assombrir le genre de l'album tout en gardant un rythme relativement élevé qui rappelle les créations d'AYRIA sans la coloration candy torturé. Le troisième titre, White Me In, Black Me Out, est ainsi celui qui donne le nom à l'album intégral. On devrait s'attendre à ce qu'il résume l'atmosphère de l'album tout entier. Plus aérien, le morceau reste néanmoins très porté sur cette combinaison de qualité vocale gothiques sur fond mélodieux électro industrielle. Ironiquement, on irait même jusqu'à dire que le groupe s'appuie sur des tons parfois dance pop. Tribes of the Future est, quant à lui, un titre qui commence de manière originale, d'inspiration cinématographique voire apocalyptique, et qui sonne davantage industriel que les précédents. Le fond musical aurait bien fait un clin d'oeil aux titres les plus rock n'roll de Manson. Ce sont, néanmoins, les voix de Noemi Aurora qui distancent le titre de ce qui a déjà été fait et honore l'album d'un titre assez intéressant et riche en puissance. Ajouté au tout,une poignée de guitares plus lourdes qui ajoutent un aspect plus metal voire hard rock. Alkaline Twins débute de manière plus glam dark electro, à la manière de RED QUEEN. Plus fumeux avant de se montrer plus toxique, le ton se trouve également assez sensuel grace à une technique vocale plus vaporeuse d'Aurora au sein de chaque couplet. Electric Night en est la suite logique. De manière intéressante, le dark electro du morceau vient se marier à des sonorités pop dance electro vintage des années 80. Le pont en est différent puisqu'il démontre plus vampirique et futuriste du morceau. Une combinaison gagnante. Le rythme de Rid of Me se trouve plus saccadé, plus irrégulier pour un morceau qui s'emballe finalement au beau milieu, toujours de manière très vintage. HELALYN FLOWERS est décidément un groupe bien à part. Shake est un titre haut en rhythme mais toujours mystérieux. THE CURE et GARBAGE auraient apprécié. Plus qu'un simple titre, il sonne néanmoins comme la voix du sol-sol d'une interlude. Quoi qu'il en soit, Shake a tout ce qu'il faut pour constituer un véritable morceau à part entière. Bien différent du reste de l'album rien que par sa composition, Utopia est un drôle de mélange de mélodie phantasmagorique et de lyrisme à la WITHIN TEMPTATION. Il constitue probablement l'une des plus fins de morceaux également. Avec Hi-Tech Medusa, voilà un titre bien plus dark alternatif doublé de futurepop. Lost in Translation, qui clotûre l'album, a beau commencer sur des notes très rythmiques à la DEPECHE MODE, il en reste un titre très sombre. A l'image de l'album en général, il transgresse les barrières des genres et fait l'expérience de différentes catégories musicales. Oui, on peut vraiment dire que HELALYN FLOWERS aiguille toute curiosité !

Demona Lauren
For VerdamMnis Magazine

dimanche 28 mai 2017

INTERVIEW | GRENDEL English version



GRENDEL






When you allude to GRENDEL, most people instantly think of the mythological figure of Beowulf saga. Yet in the dark music industry, it actually reminds of a very praised aggrotech band. GRENDEL's reputation is not to be proven anymore. Everything actually starts in 1997 under another name. In 2000, the band becomes GRENDEL and its first CD is being promoted. Under the label Noitekk, the combo from the Netherlands releases a demo EP, Inhumane Amusement before End of Ages in 2002 but especially the excellent full-length album entitled Prescription : Medicine in 2003. The powerful mix of harsh vocals, distorted and noisy background synths is a win and clearly reaches the listener's dark soul. If many bands in a dark music industry in expansion at that time release one single album before disappearing, GRENDEL is nothing alike and keeps maturing while its popularity keeps growing years after years. In this context, Harsh Generation EP is probably one of the biggest turning points for the Dutch combo that releases nothing more than a EBM masterpiece with some songs that combines melodic elements and violent vocals such as Harsh Generation, The Judged Ones or the sensuous Dirty. Since then, it seems that the combo is just back on track with a new album and new dark materials. Can their new album be even better than the previous ones ? Let's meet GRENDEL's mastermind, JD Tucker.

JD, nice to hear you today. Many EBM and Industrial artists find their inspiration in their insatisfaction of life. I assume it has been the same for you. Can you introduce yourself a little bit for the ones who are not familiar with you as an artist ? (some words on your background, your aspirations, your lifelong dreams, your mood in the early days of GRENDEL .. ) What did inspire you to create the band's music ? And in which does EBM reflect or serve your musical and philosophical messages in GRENDEL ?


Starting out in the late '90s, at the young age of 15, it goes without saying that my aspirations, motivations and dissatisfactions/frustrations were considerably different than they are now. And to be honest, it such a long time ago I can barely remember or relate to what made me tick back then. However, over the years, I've found that this genre of music lent itself well to channeling any concerns, anger or fears I may have at that time, ranging from contemporary politics & social issues to more personal matters. 

Many say that GRENDEL matured, just like its members. Who is the new JD? Is he a newly satisfied man ? What is the impact on the band ?

Without a doubt, there's been a lot of progress, both musically and philosphically. Especially in the last five years, since the release of 'Timewave Zero', having moved to London, returning to & completing university, starting a new successful career besides my music and facing a good amount of challenges along the way. All of this has drastically changed me as a person and my outlook on life in general for the better, as you'd expect. To coincide with this, it's also changed my philosophy as a musician : Although I've always preferred to do things my way, I came to realize just how many concerns I carried subconsciously regarding how others would percieve what I was doing, which subsequently stunted my musical growth. I now work quite impulsively, drawing on any influences I personally feel work, which is resulting in some great results and so much more pleasure & satisfaction in the process. There will always be people who share your vision & desires or are open to it. They are the people who truly matter. Besides that, I also take on an increasingly disciplined and professional approach to how we work as a band these days.
By the way, if dark music comes from out of anger and frustration, do you think that a happy man has the abilities to create EBM or Industrial music ?


Absolutely. It doesn't matter how well you are doing in life, deep inside there will be that flame burning. It's just a matter of staying in touch with it, so it doesn't consume you. Despite all the positive personal progress I mentioned, there's still enough going on in the world to fuel that fire. And let's be honest ; kicking off your shoes at the end of the day, sitting back, pouring out a drink and raising a finger to all things dire is one of life's greatest pleasures. It's necessary and healthy. You've got to have some fuckoffishness in you to get through this all, and especially to be involved in EBM or Industrial music.
You already revealed that GRENDEL is thematically inspired by literature and movies. What books or movies managed to catch your attention lately ?

Since the 'Timewave Zero' album, I've moved on a bit from the primarily science fiction focus. Major inspirations for my current material & approach would be the work of Peter J Carroll, Joseph Heller, William Gibson and Robert Anton Wilson. As for movies or shows, I've drawn influences from stuff like Kafka, The Prisoner, Judgement At Nurenberg, The Keep, Holy Mountain, Fellini's Satyricon, Ex Machina, Adam Curtis' work and various documentaries.

Cyberpunk movement mainly deals with the idea of human destruction by techonology and ultra-civilized corporations power over mere humans. Yet recent times revealed that machines could also be the most efficient weapon for people to fight those corporations. Machines provide new opportunities for work, cultural exchanges, new life perspectives. Is technology really the threat nowadays ? Haven't we gone beyond the concept of fear of technology to embrace it and beat the lawless corporations at their own game ? Can we talk of a rising post-dystopian movement ?


I think the biggest problem we face now and, rightfully so, should fear is the effect of how we interact with the world and with each other through social media. We live in our own ideological echo chambers or bubbles, divided and unchallenged. This means it's easier to have select information fed to us, by means of algorithms, and subsequently be convinced we perceive the ultimate truth on matters. However, when things don't turn out how we expect them to, many lose trust and faith in the world and feel that they have been wronged, oblivious to a possible majority who are fed a completely different 'reality'. In a way we have escaped reality, while the real world outside our 'bubbles' has continued. I also beleave that the hyperindividualism brought on by social media has led to this ressurgeance of '80s-esque me-first mentality. If you grow up as a digital native, in a digital world where everything is based on ego boosting approval ratings, it's no wonder that you feel you should receive some kind of reward in the real world for doing the right thing. Once you discover that isn't the case, the tendency is there to opt for that hyperindividual digital 'reality' and miss out on valuable life skills. That said, I do also of course see the many benefits of social media, as much of a double-edged sword it is, and I must make clear I refuse to play the blame game regarding 'millenials'. That's one big old man 'gaslighting' mindfuck, in my opinion, as the problems we face are far more widespread than one age range or generation.

Let's talk about your upcoming album now. Which direction will it take ? In comparison with Harsh Generation or Timewave Zero, what could we expect it to be ? Any details or anecdote to reveal about it ?

In comparison to my prior work, as stated before, my influences have become increasingly eclectic and impulsive. These range from '80s – early '90s EBM/Industrial/Coldwave/Postpunk to folk, chamber, cinematic, medieval, musique concrete, ambient or world music. I have also made a conscious move away from many pitfalls of the genre and opted for many organic and unique sounds. This has been done through use of multi-sampled materials & instruments (note by note, velocity by velocity), use of various forms of synthesis (both analog/modular and digital), combining old & new technology and creating own sounds, minimising the use of presets. I'd say one of the most effective choices was to completely avoid the use of any 'supersaw' or 'rave' leads, which have been overly common in the genre and most of all in 'Electronic Dance Music'. This has opened up the doors to richer sounding and far more interesting alternatives and I can't say I feel it's missing in any of the tracks. Rhythmically it's also a lot more adventurous and I've given the music more space to breathe and groove. 


Is 'Age Of The Disposable Body' really the planned name for this new album ? What does the title mean ?

The album title refers to two things ; The rise of the 'disposable workforce', social budget cuts under conservative governments and disappearing middle class, leading to a decline in living standards, while being turned on each other through various tactics. On the other hand it refers to the need to put less emphasis on our imposed superficial physical greed, fear & vanity (distractions) and find personal strength on a (non-organized religious) spiritual & mental plane. The need to rise above the crawling, be enlightened and enlighten.

It naturally leads to this question : Do you have some touring projects coming up in a near future ?

We will be touring again from September onward, starting off in Rotterdam Holland, as part of the Baroeg Open Air festival, then heading on to Chemnitz in Germany and on to Oslo in Norway, with more dates to follow (hopefully some in France as well). Plus, we're working toward the next North American tour in Spring of 2018, which will be quite extensive. We're very excited to get back on the road again and deliver the new material from 'Age Of The Disposable Body' ! 


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www.facebook.com/grendel.music
www.instagram.com/grndlhq

(c) Demona Lauren
for VerdamMnis Magazine

INTERVIEW | GRENDEL French version



GRENDEL






Lorsque vous faites allusion à GRENDEL, la plupart des gens pensent instantanément à la figure mythologique de la saga Beowulf. Pourtant, dans l'industrie de la dark music, cela rappelle en réalité un groupe aggrotech particulièrement apprécié. La réputation de GRENDEL n'est plus à prouver. Tout commence en 1997 sous un autre nom. En 2000, le groupe devient GRENDEL et un premier CD est réalisé. Sous le label Noitekk, le combo néerlandais publie une démo, Inhumane Amusement, peu avant fin 2002, mais surtout l'excellent album intitulé Prescription: Medicine en 2003. Le mélange puissant de voix puissantes, synthétiseurs sur fonds déformés et bruyants est un succès et atteint clairement l'âme des auditeurs. Si de nombreux groupes dans une industrie musicale en expansion à ce moment-là sortent un seul album avant de disparaître, GRENDEL se montre tout à fait différent et continue de mûrir alors que sa popularité continue de croître d'années en années. Dans ce contexte, Harsh Generation EP est probablement l'un des plus grands tournants du combo hollandais qui ne révèle rien d'autre qu'un chef-d'œuvre EBM avec des titres qui combinent des éléments mélodiques et des voix violentes telles que Harsh Generation, The Judged Ones ou le sensuel mais violent Dirty. Depuis, il semblerait que le groupe soit enfin de retour avec de nouveaux sons et un nouvel album. Leur nouvel album peut-il être encore meilleur que les précédents? Et si nous rencontrions directement la tête à penser de GRENDEL, JD Tucker ?

JD, cela fait vraiment plaisir de t'entendre aujourd'hui. Beaucoup d'artistes EBM ou encore Industriels puisent leur inspiration dans leur insatisfaction de la vie. Je suppose qu'il en a été de même pour vous. Dans quelle mesure l'EBM reflète-t-il ou sert-il vos messages musicaux et philosophiques dans GRENDEL?

À la fin des années 90, à l'âge de 15 ans, il va sans dire que mes aspirations, mes motivations et mes insatisfactions / frustrations étaient considérablement différentes de ce qu'elles sont maintenant. Et pour être honnête, c'était il y a si longtemps que je me souviens à peine de ce qui m'a fait réellement inspiré à ce moment-là. Cependant, au cours des années, j'ai constaté que ce genre de musique se prêtait particulièrement bien au besoin de canaliser les préoccupations, la colère ou les craintes que j'avais à l'époque, allant de la politique contemporaine et des problèmes sociaux à des questions plus personnelles.

Beaucoup disent que GRENDEL a mûri, tout comme ses membres. Qui est le nouveau JD? Est-il un homme nouvellement satisfait? Quel est l'impact de tels changements sur le groupe?

Sans aucun doute. Il y a eu beaucoup de progrès, musicalement et philosophiquement. Surtout au cours des cinq dernières années depuis la sortie de Timewave Zero, notamment après avoir déménagé à Londres. Je suis retourné à l'université, commencé une nouvelle carrière alternative en plus de ma musique et fait face à de nombreux défis en cours de route. Tout cela m'a radicalement changé en tant que personne et a influencé ma vision de la vie en général et pour le meilleur. Ajouté à cela, cette évolitution a également changé ma philosophie en tant que musicien. Bien que j'ai toujours préféré faire les choses à ma façon, je me suis rendu compte des trop grandes préoccupations inconscientes que j'avais quant à la façon dont les autres percevaient autour de ce que je faisais, ce qui a grandement entravé ma croissance musicale pendant un temps. Je travaille maintenant de façon impulsive, en s'appuyant sur toutes les influences personnelles et professionnelles, ce qui amène de bons résultats et beaucoup plus de plaisir et de satisfaction durant le processus même de création artistique. Vous arriverez toujours à trouver des gens qui partageront votre vision et vos désirs ou qui y seront ouverts de toutes manières. Ce sont ces gens-là qui comptent vraiment. Enfin, je pourrais dire que j'ai fait preuve d'une plus grande discipline et d'un plus grand professionnalisme vis-à-vis de la façon dont nous travaillons en tant que groupe aujourd'hui.

En parlant de cela ... Si la dark music émane de la colère et de la frustration, penses-tu qu'un homme heureux a toujours les talents requis à la création d'EBM ou de musique industrielle?

Absolument. Peu importe la façon dont vous menez votre vie, au fond, il y aura toujours une flamme qui brûle. Plus qu'être devenu un homme heureux, vous avez en réalité mieux gérer cette flamme afin qu'elle ne vous consume pas. Malgré tous les progrès personnels positifs que j'ai mentionnés, il y a encore assez de déboires dans le monde pour alimenter ce feu. Et soyons honnêtes, en lançant vos chaussures à la fin de la journée, la tête en arrière sur le dossier sur votre fauteuil, verser un verre et lever un doigt à toutes ces choses désastreuses est l'un des plus grands plaisirs de la vie. C'est nécessaire et sain à la fois. Il faut avoir une sacrée fuck off attitude pour arriver à gérer tout cela, encore plus lorsque vous êtes dans l'industrie EBM ou de la musique industrielle.

Vous avez déjà révélé que GRENDEL s'inspirait de la littérature et les films. Quels livres ou films a réussi à attirer ton attention ces derniers temps?

Depuis l'album Timewave Zero, je me suis quelque peu distancé des sources primaires de la science-fiction. Les principales inspirations aujourd'hui seraient les travaux de Peter J Carroll, Joseph Heller, William Gibson et Robert Anton Wilson. En ce qui concerne les films ou les spectacles, je tire mes influences de trucs comme Kafka, The Prisoner, Judgment At Nurenberg, The Keep, Holy Mountain, Satyricon de Fellini, Ex Machina, le travail d'Adam Curtis et divers documentaires.

Le mouvement Cyberpunk traite principalement de l'idée de destruction humaine par la technologie et le pouvoir des sociétés ultra-civilisées sur les simples êtres humains. Pourtant, avec le temps, on voit que les machines pourraient également être l'arme la plus efficace pour que les gens puissent combattre ces conglomérats. Les machines offrent de nouvelles opportunités pour le travail, les échanges culturels, les nouvelles perspectives de vie. La technologie elle-même est-elle encore vraiment la menace aujourd'hui? N'avons-nous pas dépassé le concept de peur de la technologie pour l'embrasser et battre les sociétés sans foi ni loi à leur propre jeu? Peut-on parler d'un mouvement post-dystopique en hausse?

Je pense que le plus gros problème auquel nous sommes confrontés aujourd'hui et que nous nous devons, à juste titre, craindre sont les conséquences de la façon dont nous interagissons avec le monde et les uns avec les autres à travers les médias sociaux. Nous vivons, divisés, dans nos propres chambres d'écho idéologiques, dans des sortes de bulles. Cela signifie qu'il est plus facile d'avoir des informations sélectionnées pour nous, au moyen d'algorithmes, et ensuite être convaincus que nous percevons la vérité ultime sur les questions. Cependant, lorsque les choses ne se révèlent pas être ce que les hommes pensaient vrais, ils perdent confiance et foi dans le monde et estiment qu'ils ont été lésés, également inconscients d'une autre majorité possible qui reçoit une autre «réalité » complètement différente, d'où la division. D'une certaine manière, nous avons échappé à la réalité, alors que le monde réel en dehors de nos «bulles» a continué. J'ai également souligné que l’hyper-individualisme provoqué par les médias sociaux a conduit à cette resurgissement de la mentalité des années 80. Si vous êtes dans l'ère du numérique, dans un monde numérique où tout est basé sur des estimations de l'approbation de l'ego, il n'est pas étonnant que vous sentez que vous devriez recevoir une sorte de récompense dans le monde réel pour faire le bon choix. Une fois que vous découvrez que ce n'est pas le cas, la tendance est d'opter pour cette «réalité» hyper-individuelle numérique et de complètement passer à côté des véritables bijoux que la vie a à offrir. Cela dit, je comprends bien sûr les nombreux avantages des médias sociaux. C'est une épée à double tranchant et je dois préciser que je refuse de jouer le jeu de blâme à propos des «la génération Y» (NB : La génération Y est la génération dite du Millénaire, des temps du numérique soit entre les années 80 et 99). C'est une connerie de vieillard chercheur de problèmes à mes yeux car les problèmes auxquels nous sommes confrontés vont bien au-delà d'un groupe d'âge ou une génération uniques.



Parlons maintenant de votre prochain album. Quelle direction prendra-t-il? En comparaison avec Harsh Generation ou Timewave Zero? Des détails ou une anecdote à révéler à ce sujet?

Comme indiqué précédemment, mes influences sont de plus en plus éclectiques et impulsives. Celles-ci vont des années 80 à début des années 90 EBM / Industriel / Coldwave / Postpunk à la musique folklorique, à la musique de chambre, au cinéma, à la musique médiévale, à l'ambient ou à la musique du monde. J'ai également pris un certain recul, et consciemment, vis-à-vis du genre EBM/aggrotech afin d'en éviter les écueils et ai opté pour de nombreux sons organiques et uniques. Cela a été fait grâce à l'utilisation de matériaux et d'instruments multi-échantillons (note par note, vitesse par vitesse), l'utilisation de diverses formes de synthèse (analogique / modulaire et numérique), combinant des technologies anciennes et nouvelles et créant des sons propres, en minimisant l'utilisation de presets. Je dirais que l'un des choix les plus efficaces était d'éviter totalement l'utilisation de tout «sommet» ou «rave», qui a été trop commun dans le genre et surtout dans l'«Electronic Dance Music». Cela a ouvert les portes à une sonorité plus riche et à des alternatives beaucoup plus intéressantes et je ne trouve même pas que cela manque dans aucun des morceaux. Rythmiquement, c'est aussi beaucoup plus aventureux et j'ai donné à la musique plus d'espace pour respirer et se ressourcer.






Est-ce que Age Of The Disposable Body sera vraiment le nom choisi pour ce nouvel album? D'ailleurs, JD, que signifie le titre ?

Le titre de l'album se réfère à deux choses. Premièrement, la montée de la «main-d'œuvre jetable», les compressions budgétaires sociales sous les gouvernements conservateurs et la classe moyenne disparaissant, entraînant une baisse du niveau de vie, tout en se transformant par diverses tactiques. D'autre part, il se réfère à la nécessité de mettre moins l'accent sur notre avidité physique superficielle imposée, la peur et la vanité (distractions) et de trouver une force personnelle sur un plan spirituel et mental (non organisé). La nécessité de s'élever au-dessus de l'engourdissement, d'être éclairé et informé. (NB : le français ne saurait rendre justice au jeu de mots plein d'esprit de JD 'enlightened and enlighten')



Outre l'album, avez-vous des projets de tournée dans un proche avenir?

Nous reviendrons à partir de septembre, en commençant par Rotterdam aux Pays-Bas, dans le cadre du festival Baroeg Open Air, puis nous irons à Chemnitz en Allemagne et à Oslo en Norvège avec plus de dates à suivre (j'espère en France aussi). De plus, nous travaillons sur la prochaine tournée nord-américaine prévue pour le printemps 2018 et qui devrait être assez vaste. Nous sommes très heureux de reprendre la route et de révéler très bientôt le tout nouveau Age Of The Disposable Body!

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(c) Demona Lauren
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samedi 13 mai 2017

REVIEW | Motionless in White "Graveyard Shift" English version



Motionless in White - Graveyard Shift (2017)
Metalcore US 

01. Rats 
02. Queen For Queen 
03. Necessary Evil (feat. Jonathan Davis) 
04. Soft 
05. Untouchable 
06. Not My Type: Dead As F*ck 2 
07. The Ladder 
08. Voices 
09. Loud (F*ck It) 
10. 570 
11. Hourglass 
12. Eternally Yours




Until recently, the MIW albums were restored after the greatest discographies of bands such as KORN, SEPULTURA and KREATOR in record stores. Today, everything is different. Hard to ignore at least the name of the American combo from Pennsylvania. Founded in 2005 by Chris Cerulli, known as Chris "Motionless", and his friends Angelo Parente (drums), Frank Polumbo (guitars) and Kyle White (bass), the bands gets inspired by big names like SLIPKNOT, MARILYN MANSON and POISON THE WELL. The same year, they release their very first demo that allowed them to be finally spotted by Warner Records in 2007. After a first EP in 2007 entitled Whorror, MIW keeps progressing with Creatures in 2010. The band greatly took off on Infamous, two years later, helped by the two great tracks Devil's Night and A-M-E-R-I-C-A. The industrial gothic metalcore turn is finally confirmed by the album Reincarnate, probably one of their best. After a more screamo start, not necessarily of everyone's taste, Cerulli and his friends decide to finally mix dark and brutal sounds. What should we expect from Graveyard Shift?   

Rats, as the opening for the album, is in the proof of the electronization of new MIW's saturated sounds. From the beginning, Chris Motionless reveals his lowest voice, often compared (but, quite wrongly) with Brian Warner's one aka Marilyn Manson, according to a rhythm reminiscent of the two flagship titles of the album Infamous. During the bridge, the track contains some interesting nuances in terms of melodies, but it is not yet possible to get a clear idea of ​​taken path. Queen for Queen, on the other hand, is a perfect representation of pure American metalcore. Yet, the vocals are more distinct than on the rest of the tracks. Although the melody's brutality is important, it seems that Cerulli gives more attention to the lyrics on this specific song. Necessary Devil, in collaboration with Jonathan Davis of the band KORN, starts on metal bases before finally incorporating electronic sounds. Although the song is not innovative in itself, it is probably one of the best tracks on this album. Soft and Untouchable seem to be the logical continuation. Here Not my type: Dead as Fuck 2 comes, which is the answer to Dead as Fuck, remember, 11th album track of Reincarnate. Interestingly, Dead as Fuck 2 comes out in 6th position in Graveyard Shift that is at its perfect half. At random ? Whatever the reason is, the track serves to recall the band's original identity made of dark, delusional aesthetics, somewhat burlesque at times but mostly very cinematic. Obviously not easy to remember Sinematic, 7th track of the album Infamous. As usual, Dead as Fuck 2 plays with the theme of horror amusement parks, Hollywood and finally the series of movies Halloween, masterpiece of the imagination of Rob Zombie and John Carpenter, of which Chris Cerulli is himself particularly worshiping. After this movie break, the rhythm greatly races with The Ladder. Brutal and noisy in each parts, the track contains pure metalcore in each chorus though. A great pity since the brutality of each couplet actually gives all its letters of nobility. Voices, on the other hand, can be perceived as a good piece for the pro-metalcore but a very cliché track for the others. Its popularity will then depend on the ear that listens to it. Loud (F * ck it), already known to the public for being released recently, is a well-thought piece, quite witty, and tinted with vintage US rock n' roll. New metal detour with 570. Yet, no, you are not listening to KILLSWITCH ENGAGE but MOTIONLESS IN WHITE. We swear. Described as completely personal song, the track represents the regional postal code of Cerulli's former home. The song is then nothing more than an ode to the path traveled by a boy who struggles by mountains and winds, without money and in an unpromising environment that finally reaches its peaks after 10 years on the road. The little boy on the album's cover? Actual autobiography in any case. Hourglass is thematically the logical outcome of 570 since it narrates the tory of an hourglass that continues to flow as life passes by. Will the boy, who has now grown up, have time to realize all his dreams before the hourglass empties? The lyricism rests on the melodic parts of the piece and it is a good thing. Graveyard Shift is now coming to the end with Eternally Yours. While most groups decide to include singles and headlines at the beginning of the tracklist, MIW made the opposite choice and opted to finish on a drum roll. An idea that could have been ingenious if the track in itself had not been so cliché. Graveyard Shift remains influenced by a number of musical and artistic influences especially visual. It is clear that MIW does not deviate from its original rule or at least in part. While some titles remain largely in line with previous albums, others are more conceptualized in a more mainstream category. While Infamous and Reincarnate had the power to attract followers of dark music who were quite unfriends with metalcore, Graveyard Shift is and remains a pure metalcore-oriented album and will mainlyappeal to screamos lovers and brutal melancholic rockers. For an audience, on the other hand, much colder towards metalcore, the album is not up to Infamous and Reincarnate, the very good Dead as Fuck 2 excluded.

Demona Lauren
For VerdamMnis Magazine

REVIEW | Motionless in White "Graveyard Shift" French version



Motionless in White - Graveyard Shift (2017)
Metalcore US 

01. Rats 
02. Queen For Queen 
03. Necessary Evil (feat. Jonathan Davis) 
04. Soft 
05. Untouchable 
06. Not My Type: Dead As F*ck 2 
07. The Ladder 
08. Voices 
09. Loud (F*ck It) 
10. 570 
11. Hourglass 
12. Eternally Yours




Il y a encore peu, les disques de MIW restaient derrière la grande discographie des KORN, SEPULTURA et KREATOR chez les disquaires. Aujourd'hui, tout est différent. Difficile de ne pas connaître au moins de nom le combo amérricain originaire de Pennsylvanie aux Etats-Unis. Fondé en 2005 par le guitariste et chanteur Chris Cerulli dit "Motionless" et ses amis, le batteur Angelo Parente, le guitariste Frank Polumbo et le bassiste Kyle White, le groupe s'inspire d'abord de pointures tel que SLIPKNOT, MARILYN MANSON ou encore POISON THE WELL. La même année, ils font paraître une toute première démo qui leur permet d'être finalement repérés par la Warner en 2007. Après un premier EP en 2007 intitulé the Whorror, MIW enchaîne avec Creatures en 2010. Le groupe grandement son envol sur Infamous, sorti deux ans plus tard, fort de ces très bons titres Devil's Night ou encore A-M-E-R-I-C-A. La tournure metalcore gothique industriel est finalement confirmée par l'album Reincarnate, probablement l'un des meilleurs du combo. Après un début plus screamo, pas forcément du goût de chacun, Cerulli et ses amis ont du combiner son dark et sonorités brutales. Que fallait-il alors attendre de Graveyard Shift ?

Rats, qui sert d'opening à l'album est à l'image de l'électronisation des sonorités saturées du nouveau MIW. Dès le début, Chris Motionless pose sa voix grave, souvent comparée (mais, cependant, bien à tort) à celle de Brian Warner alias Marilyn Manson selon un rythme qui rappelle les deux titres phares de l'album Infamous. Le morceau comprend, lors du pont quelques nuances intéressantes en terme de mélodies mais ne permet pas encore de se faire une idée précise du chemin emprunté. Queen for Queen, quant à elle, est une parfaite représentation du metalcore américain. Seul bémol, les vocales se distinguent davantage que sur le reste des titres. Bien que la brutalité de la mélodie soit importante, il semblerait que Cerulli accorde davantage d'importance aux paroles sur ce titre en particulier. Necessary Devil, en collaboration avec Jonathan Davis du groupe KORN, débute sur des bases metal avant de finalement y incorporer des sonorités également électroniques. Bien que le morceau n'ait rien d'innovant en tant que tel, il constitue probablementt l'un des meilleurs titres de l'album. De façon logique, Soft et Intouchable semblent en être la continuation. Arrive Not my type : Dead as Fuck 2 qui constitue la réponse à Dead as Fuck, rappelez-vous, 11ème titre de l'album Reincarnate. Fait intéressant, Dead as Fuck 2 arrive en 6ème position dans Graveyard Shift soit à la parfaite moitié de l'album. Un hasard ? Quoi qu'il soit, le morceau sert tout particulièrement à rappeler l'identité première du groupe faite d'esthétique sombre, délirante, quelque peu burlesque parfois mais surtout très cinématique. Difficile évidemment de ne pas se souvenir de Sinematic, 7ème titre de l'album Infamous. Comme à son habitude, Dead as Fuck 2 joue avec la thématique des parcs d'attractions d'horreur, Hollywood et finalement la série de films Halloween, fruit de l'imagination de Rob Zombie et John Carpenter, dont Chris Cerulli est lui-même particulièrement adorateur. Après cette pause cinéma, le rythme s'emballe grandement avec The Ladder. Brutal et bruyant, le morceau reprend pourtant le chemin du metalcore à chaque refrain. Un grand dommage puisque la brutalité de chaque couplet lui donne justement toutes ses lettres de noblesse. Voices, à l'inverse, peut être perçu comme un bon morceau pour les pro-metalcore mais un titre bien cliché pour les autres. Sa popularité dépendra alors de l''oreille qui l'écoute. Loud (F*ck it), déjà connu du public pour être sorti en clip il y a peu, est un morceau bien pensé, avec esprit, et teinté de sonorités plus hard rock américain bien vintage. Nouveau détour metal avec 570. Pourtant, non, vous n'écoutez pas KILLSWITCH ENGAGE mais bien MOTIONLESS IN WHITE. Morceau tout à fait personnel, le titre reprend les chiffres du code postal régional de la maison mère de Cerulli. La chanson n'est alors rien d'autre qu'une ode au chemin parcouru par un garçon qui lutte par monts et par vents, sans argent et au sein d'un environnement peu prometteur, qui finalement atteint ses sommets après 10 ans de vie sur la route. Le petit garçon de la pochette de l'album ? Une véritable autobiographie en tout cas. Hourglass est thématiquementt la suite logique de 570 puisqu'elle fait la narration d'un sablier qui continue de couler pendant que la vie passe. Le garçon en question, devenu grand, aura-t-il le temps de réaliser tous ses rêves avant que le sablier ne se vide ? Le lyrisme repose sur les parties mélodiques du morceau et c'est une bonne chose. Graveyard Shift tire à sa fin avec Eternally Yours. Alors que la plupart des groupes décident d'inclure les singles et grands titres des opus en début de tracklist, MIW a fait le choix de terminer sur un roulement de tambour. Une idée qui aurait pu être ingénieuse si le morceau en lui-même n'avait pas été si cliché. Graveyard Shift reste teinté dd'un bon nombre d'influences musicales ainsi qu'artistiques dans un sens plus général et plus particulièrement visuel. Il est certain que MIW ne déroge ainsi pas à sa règle initiale ou du moins en partie. Car, si certains titres restent grandement dans la même lignée que les albums précédents, d'autres se conceptualisent davantage dans une catégorie plus mainstream. Tandis qu'Infamous et Reincarnate ont eu le pouvoir d'attirer des adeptes de dark music pas forcément accro au metalcore (voire l'inverse), Graveyard Shift est et reste un album beaucoup plus orienté metalcore pur et saura principalement ravir les adeptes de screamos et rock brutal mélancolique. Pour un public, en revanche, bien plus frisquet vis-à-vis du metalcore, l'album n'est pas à la hauteur d'Infamous et Reincarnate si on exclut le très bon Dead as Fuck 2.

Demona Lauren
For Verdammnis Magazine

jeudi 11 mai 2017

INTERVIEW | NYXX English version



NYXX





If this era champions the mainstream source of culture and music, some bands or artists still prove that the most impulsive form of art can be found in the shadowiest places. In this category, NYXX excels. Dark, glamourous, disruptive, endearing, mysterious, she is the perfect display of human complexity. Born in Connecticut yet moving around and always on the road during her earliest years, she basically turns into a fantastic visual artist, displaying a passion for photography. She then establishes herself in Los Angeles, the City of Angels where she collaborates with Daniel Armand before being introduced to Daniel Graves of AESTHETIC PERFECTION. In 2016, she finally releases her first EP called Nightmare and conquers people's spirit with the MV of Nightmare, one of the catchiest tracks of the album. Deliciously addictive, Nightmare is just the mere representation of the entire opus that is nothing less but a jewel.

Nyxx, can you introduce yourself a little bit for the ones who are not familiar with your face? 
Hi! Hello! My name is Nyxx. Well, let’s see… I was born in Connecticut, but raised in Rhode Island, settling in Los Angeles 7 years ago. Growing up, I knew I wanted to be a singer. I have videos of me serenading my infant brother with freestyled songs. I performed in talent shows; singing original songs and choreographing dances. I later went to art school for fine art photography. Currently, for my dayjob(s) I film video and design for a clothing company called Blackcraft Cult and bartend at night. 

You alluded, in the past, to your struggle with anxiety and the kind of frustration of such big cities like Los Angeles. Can you explain that statement? And what does still attract you in L.A. then? 
It has taken me a while to fully understand and even like Los Angeles. A few years ago, I was having a lot of anxiety, deeply depressed, and feeling inadequate. I learned that my stress was caused by fear. I was concerned with what everyone thought of my process, how much I was doing and what I was creating. I was trying to control every minute detail to avoid failure. Letting go has given me a tremendous about of freedom, both musically and personally. Also, I find time to spend outside of the city and away from people and cement. 

I suppose that anxiety, depression and city life are a big part of your musical inspiration then .. Do you write all the lyrics yourself? Are you an entire self-made singer/composer? 
Oh most definitely. I do write the lyrics myself. Although, some songs have been worked on with others. I wouldn’t say I’m self-made. I have learned a great amount from friends and peers. I have taken vocal lessons as well, which changed my voice and confidence as a singer. 

The first thing that strikes when someone listens to your EP called Nightmare is the inescapable impression of personal aspect of each track. Can you summarize in one sentence by song the meaning of each track? 
Nightmare - I was hurt and bitter about an ex and this was my release of the anger I held for him. (Do run-on sentences count?) Diabolical - This was a nod to those who have undermined and underestimated me. Noose - I can’t lie. This is just a sexy track! Ha! Blindsided - This one is pretty straightforward: about being blindsided by the end of a relationship.

In Nightmare MV, you are dressed like a demoniac schoolgirl. Is it a wink with your own adolescence ? What kind of girl were you when you were in highschool? 
For the video, I wanted something that seemed seductive on the surface, but “beneath” was something more sinister. A succubus, so to speak. That song is about a relationship that when it ended, I was furious and needed to take back control. I was strange in high school, but looking back, I think in the best way. I was harassed and teased endlessly. I didn’t have or fit into a specific group of friends. I think these things made me a stronger person.

The track Waiting is absolutely different from the previous tracks. It actually sounds like a traditional solo ballad. Quite unpredictable and original for such an album. Why this choice? What was the message behind this song? 
I actually ended up discontinuing that track on the EP as of recently. It is just too different. However, I liked that it was so starkly different. Kind of like the Alanis Morissette song “Your House.” I really loved the challenge of forcing myself to vulnerable and share my voice acapella. It was included on the EP more for me to push myself, than anything. 

Nightmare the EP also sounds like the pinnacle of a time spent in a kind of chrysalis. Have you experienced a turning point recently? A turning point that made you the way you are today ? 
It’s so wonderful you say that because I feel it definitely was! Going through the depression felt more like a gestation period. It took a long time to drag myself out of that hole, but I am so thankful that I went through it. I emerged a fully formed person; confident in myself, my life, and the direction I am headed. 

Since you alluded to your newfound happiness earlier, should we expect a kind of brighter next EP from you?  
This has actually been an active concern on my brain lately! I've been seeing comments on my old video that they hope I don't go "soft." I find my best work comes when it's organic and I'm not "trying." I imagine it will be a tad lighter lyrically because I write so personally, but I'm just a creepy person, so that factor will definitely be there!

You also invested herself in the creation of your own clothing line. Can you talk to us a bit more about it ? 
I have always made clothes, drew croquis, and wanted to do fashion design or fashion photography. It just sadly, fell below a few other passions in line for career paths. I started Nacht Clothing, designing pool floats, making leather jewelry, and other “goth” accessories. It was just an outlet for all the ideas I’ve got rolling around. I ended up working with Blackcraft Cult to manifest my pool float designs. They will be released soon! It brings a little tear to my eye! I would like to continue with Nacht in the future, but music is the focus now. 

You were currently touring in some european countries with your friends of AESTHETIC PERFECTION. How was it ? Have you been well-received by the audience that did not know you? 
I was invited to open for a few of the AP Germany shows. Of course, I jumped at the opportunity. I had planned to apply for festivals for next spring, so playing Germany a whole year earlier was amazing! All audiences take a little while to warm up to unfamiliar acts. That’s just people in general. However, with a little convincing… AKA me harassing them… I can usually get a smirk or shimmy out of even the grumpiest of spectators. I’m just too damn goofy. There’s been a few times where they just canNOT be bothered and they let you KNOW they aren’t digging it. It sucks, but not everyone is going to love you. 

What are your main plans for the close future? Another MV and/or EP maybe ? 
Both! I really want new music out! I am currently planning my next music video, slotted to film and release within the next month. I am also writing for the next EP! At last but not least ..

We could not avoid this question, sorry .. Do you plan to come to Paris soon?
I would love to come to Paris! I have yet to visit! Hopefully I can next spring! 

It would be marvelous to see you coming here !

© Demona Lauren
For Verdammnis.com